Lundi 16 novembre 2009 . 19H
Jean-baptiste Pisano
L'autoportrait : Soi-même comme un autre.
Si la Bible enseigne que Dieu créa l'homme à son image, la mort de Narcisse survient de son désir de saisir son reflet dans l'eau, c'est-à-dire en tentant de se connaître. Instrument de la connaissance de soi-même, l'autoportrait s'invente comme moyen de l'affirmation sociale du moi. Plaçant l'artiste de l'autre côté du miroir, il participe aux tentatives d'apprivoiser la mort. Et jouant de ce miroir comme d'une matrice, l'autoportrait contribue en définitive à révéler, au-delà de l'identité de la personne, celle de l'artiste...
Maître de Conférences, Jean-Baptiste Pisano est Responsable du Diplôme Universitaire d'Histoire de l'Art et de l'Archéologie. Ses travaux portent sur l'image et les représentations, et s'attachent plus spécifiquement à l'oeuvre de Pierre Bonnard.
Lundi 7 décembre 2009 . 19H
Didier Ottinger
Dreamlands
L'exposition Dreamlands traite de la diffusion, au XXe siècle, des modèles des foires internationales et des parcs de loisirs dans la conception de la ville et de son usage. Apparues au XIXe siècle, developpés massivement au début du XXe siècle, ces villes fantasmagoriques, vouées au rêve et au divertissement, associaient haute technologie et visées spectaculaires, carton pâte et prouesses machinistes. Dreamland est un parc d'attraction inauguré sur le site de Coney Island à New-York en 1904. Un parc dans lequel l'architecte Rom Koolhaas a vu (dans son ouvrage Delirious New York, 1977) l' « incubateur » formel et technologique de Manhattan. Du Las Vegas des années 1950 et 1960 au Dubaï contemporain, de l'architecture réelle aux utopies urbanistiques, ses villes ont contribué à modifier profondément notre rapport le plus essentiel au monde et à la géographie, au temps et à l'histoire, aux notions d'original et de copie, d'art et de non-art.
Didier Ottinger a été Directeur du Musée des Sables d'Olonne. Il est aujourd'hui Directeur Adjoint du Musée National d'Art moderne.
Lundi 25 janvier . 1 9 H
Jean-luc Nancy
La littérature, l'art et le mythe
Le mythe dit l'origine, ou plutôt il la disait lorsque les hommes vivaient dans les mythes. Ce n'étaient pas des fables, c'était la façon d'un monde qui se récitait à lui-même. Lorsque les hommes se mettent à dire le monde, à le décrire, le raconter, l'expliquer, les mythes restent suspendus et deviennent des fables. Nous apprenons qu'il n'y a pas cette origine qu'elles récitaient. Il y a un perpétuel recommencement qui n'est plus la répétition mais le nouveau commencement d'un monde chaque fois nouveau. Ce n'est même plus une histoire à raconter, ce sont des millions d'histoires, grandes et petites, longues et brèves. Ce sont des millions de figures, d'allures, de rythmes. Cela finit par se nommer « littérature » et « arts ». Ou bien si on préfère « art » en général, qui comprend le poème et le récit comme l'image ou la résonance. Cela n'a ni commencement ni fin. Mais ces millions d'histoires, de figures, de rythmes ne cessent pourtant pas de réciter à leur tour une même chose : une vie éternelle, c'est-à-dire non pas intemporelle mais tissée dans le temps comme un dehors du temps et de l'espace.
Ce que « beauté » veut dire se tient là.
Jean-Luc Nancy est né en 1940, professeur émérite à Strasbourg, ancien professeur invité à Berlin, San Diego, Berkerley.
Lundi 22 février 2010 . 19H
Edouard Pommier ANNULE ET REMPLACE PAR
Patrick Marcolini
Les situationnistes et la fin de l’art.
Dès son apparition au début des années 1950, le mouvement situationniste a cru pouvoir caractériser son époque comme celle de la fin de l’art. Il s’agissait donc pour lui de quitter le musée, détruire les représentations artistiques périmées, et procéder au dépassement de l’art dans la construction libre de la vie quotidienne. Pourtant, lorsqu’on regarde les plans psychogéographiques, les peintures détournées, les comics politiques ou les films d’agitation réalisés par les membres du mouvement tout au long de son existence, on est tenté de reprendre la boutade d’Arnaud Labelle-Rojoux : « Après la fin de l’art, quoi ? L’art. » Et de questionner le statut de ces œuvres non-œuvres : dernières traces d’une activité artistique évanescente, ou points de départ pour une nouvelle création culturelle ? En effet, de nombreux artistes revendiquent aujourd’hui une inspiration situationniste, perceptible dans les pratiques de déambulation urbaine, de perturbation de la vie quotidienne ou d’intervention directe sur les rapports sociaux.
Lundi 1er mars 2010 . 19H
Georges Didi-huberman
Rendre une image
On dit : « prendre une image », une photo par exemple. Posons-nous la question de savoir s'il faut aussi la rendre, à qui, et comment. On évoquera, à travers l'exemple du cinéaste Harun Farocki, une certaine notion et un certain usage de la restitution, que l'on comparera à Andy Warhol d'un côté, Jean-Luc Godard de l'autre.
Philosophe et historien de l'art, Georges Didi-Huberman enseigne à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris). Il a publié une trentaine d'ouvrages sur l'histoire et la théorie des images. Parmi les derniers parus : L'Image ouverte (Gallimard, 2007), La Ressemblance par contact. Archéologie, anachronisme et modernité de l'empreinte (Minuit, 2008), Quand les images prennent position. L'oeil de l'histoire, 1 (Minuit, 2009), Survivance des lucioles (Minuit, 2009).
Lundi 16 mars 2010 . 19H
Marc Cerisuelo
Les catégories historico-esthétiques sont-elles solubles dans le cinéma ?
Semblable en cela à l'homme chez Spinoza le cinéma "n'est pas un empire dans un empire". Il connait le beau, le laid et parfois le sublime, il peut être considéré comme un art mimétique, il est à la fois (et c'est une singularité) un art de l'espace et un art du temps. Il a lui aussi rencontré l'histoire : il a des époques, des périodes; sa Querelle des Anciens et des Modernes mérite à coup sûr le détour. Faut-il pour autant se contenter d'un tel geste "applicatif" pour penser le cinéma ? Et, en retour, la novation radicale de la pratique et la nouveauté des enjeux de sa réception ne lui donnent-elles pas un pouvoir dissolvant à l'égard (et parfois : à l'encontre) des outils traditionnels de l'esthétique, y compris dans les approches les plus diverses et les plus contemporaines ? Tels sont les principaux enjeux du débat que nous souhaitons initier.
Marc Cerisuelo, Philosophe, est Professeur d'esthétique du cinéma à l'Université de Provence où il est également Directeur-adjoint du Laboratoire d'étude et de sciences des arts (LESA, EA 3274). Il est notamment l'auteur de : Jean-Luc Godard (Lherminier/4 Vents, 1989), Hollywood à l'écran (PSN, 2000), Preston Sturges ou le génie de l'Amérique (PUF, 2002) et Le Mépris (La Transparence, 2006).
Lundi 19 avril 2010 . 19H
Danièle Cohn ANNULE ET REMPLACE PAR
Maurice Fréchuret
L'oeuvre d'art comme programme de vie
Certains artistes choisissent de travailler à partir d'un programme établi par eux et qui, pour une période seulement ou pour leur vie entière, définit le cadre de leur production : peindre des nombres à l'infini (Roman Opalka), peindre des tableaux où seule la date du jour de sa réalisation apparaît (On Kawara)... Nous nous pencherons plus particulièrement sur la proposition de l'artiste canadien Eric Cameron qui depuis 1979 travaille sur un corpus aujourd'hui riche d'une cinquantaine d'objets, tous pris dans son univers quotidien, et qu'il recouvre régulièrement de couches de peinture acrylique. Comme autant de sédiment accumulés, ces milliers de couches finissent par engloutir les objets en question et forment une enveloppe qui - cocon ou linceul - subit, au fil du temps, de singulières déformations. Eric cameron nous invite, ce faisant, à approfondir notre réflexion et, tels les artites des "memento mori", nous rappelle l'inexorabilité du temps qui passe et celle de la finitude qui lui est attachée.
Une exposition est actuellement consacrée aux oeuvres d'Eric Cameron au musée national Marc Chagall
Ces conférences sont organisées en relation avec le Laboratoire de Philosophie de l'Université de Nice- Sophia Antipolis,
l'Association des Amis du musée national Marc Chagall et le musée et se déroulent au Musée National Marc Chagall - Avenue
Docteur Ménard - 06000 Nice. Tél. 04 93 53 87 20
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